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Changer de regard sur les messicoles

C’est avec les premiers rayons du soleil que pas moins de 37 éco-guerriers se sont relayés ces 17 & 18 octobre 2022 pour participer à la sauvegarde d’un patrimoine floristique en voie de disparition:  les messicoles, ces habitantes des moissons aux multiples services écosystémiques rendus.

Nectarifères et pollinifères, plantes hôtes d’auxiliaires luttant contre les ravageurs de nos cultures, grenier à graines, source de nourriture de nos oiseaux, valorisation alimentaire et cosmétique, vertus médicinales, elles sont les garantes incontournables de notre biodiversité.

Armés de râteaux, cordeaux et autres serfouettes, c’est le dos courbé et les mains caleuses 😉 que les élèves de 1ère et BAC technologique STAV de l’EPLEFPA Provence Ventoux ont réalisé le semis 2022 en plein champ.

Certaines des graines proviennent de la récolte de juin 2022 issue du semis 2021 accompli par les CAPA aménagement paysager du même établissement.

Les autres semences ont été fournies par Phytosem bénéficiant de la marque Végétal Local.

Tri des graines de Vaccaria hispanica (Vachère d’Espagne) de la récolte de juin 2022

Les messicoles ont pour caractéristique commune d’être préférentiellement inféodées aux cultures qu’elles accompagnent depuis  plusieurs millénaires. Les plus connues sont le bleuet et le coquelicot, mais il en existe beaucoup d’autres. En effet, 121 espèces de plantes messicoles poussent en France et 81 d’entre elles sont présentes en PACA. Notre région a donc une forte responsabilité vis-à-vis de la conservation de ces espèces.

Depuis les années 60, les botanistes alertent sur la disparition des plantes messicoles. Ce déclin a débuté avec l’arrivée, depuis le 19ème siècle, d’outils de tri des semences plus efficaces qu’auparavant, permettant de séparer les grains de céréales des graines des « mauvaises herbes ». Les graines de messicoles ne sont ainsi plus semées involontairement en même temps que les cultures.

A ce premier facteur s’ajoutent d’autres évolutions agronomiques comme l’arrivée des engrais.
Les messicoles étant inféodées aux sols peu riches en nutriments, elles sont rapidement remplacées par des adventices gourmandes en azote.

Les variétés de céréales utilisées sont également plus compétitives et sont plantées de manière très dense, ce qui empêche les messicoles de pousser.

Enfin, l’usage massif d’herbicides à partir des années 50 a terminé de précipiter la disparition des messicoles.

Affiche publicitaire pour un herbicide

 

Un immense merci aux étudiants et à Anne et Michel, leurs enseignants, investis de cette mission de sauvegarde de notre patrimoine, ce n’est pas moins de 7 variétés qui ont été semées et qui seront suivies par leurs soins jusqu’à la récolte.

Remerciements également à Jeanne et Charles de Bio de Provence pour leur soutien technique et affectif…

Gratitude à Henri qui a essaimé avec 6 BTS ACSE du campus en serre maraichère, une bande fleurie variée, composée, entre autres, de vachère, nielle, vesce, bleuet mais aussi bifora, coquelicot et cameline.

 

Avec au casting …

Pied d’Alouette Royal

 

Vachère

 

Vesce

 

Bleuet

 

Nielle

 

Brome

 

Orlaya

 

Coquelicot

 

Bifora

 

Caméline

 

Un projet soutenu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le cadre de l’appel à projets : « L’enseignement agricole au service des transitions agroécologiques ».

 

Laëtitia est aujourd’hui chargée d’expérimentations et de missions environnementales (à mi-temps). Elle gère divers partenariats avec les chambres d’agriculture, CTIFL, CRIIAM Sud, IFV et autres structures du monde agricole. Dans le cadre de ses missions, elle participe à de nombreuses actions telles que : la valorisation des déchets de pépinières viticoles, des expérimentations autour de la réduction des intrants, des actions pour le maintien de la biodiversité, la réalisation d’itinéraires techniques en vue de l’élaboration du futur cahier des charges de pépinières viticoles bio, le développement du partenariat du Plan National Dépérissement Vignoble (Grenache/R110), la gestion optimisée de la ressource en eau, la participation au GIEE couverts végétaux et agroforesterie et pédagogie au sein du campus.

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